Thomas Nicolon

Un crocodile nain, la gueule ligotée, repose sur l'épaule d'un congolais vêtu d'un t-shirt rouge. L'homme tient une liane munie d'un crochet, utilisée pour extraire les crocodiles de leurs tanières.

Itoua Brice pose avec un crocodile nain (Osteolaemus osborni) capturé dans les marécages de la réserve communautaire du lac Télé, en République du Congo, sur cette image prise par l'ambassadeur Canon Thomas Nicolon en juillet 2024. La liane que tient Itoua dans sa main droite est munie d'un crochet servant à extraire les animaux de leurs tanières. La chasse aux crocodiles nains est autorisée par la réglementation communautaire à des fins de consommation locale, mais le trafic commercial est interdit. Photo prise avec un Canon EOS R3 équipé d'un objectif Canon RF 24-70mm F2.8L IS USM à 24 mm, 1/200 s, f/8 et ISO 100. © Thomas Nicolon

« Je me considère comme un journaliste », déclare Thomas Nicolon, ambassadeur Canon et explorateur National Geographic. « Pour moi, l'intérêt d'un reportage photo, c'est de rendre compte d'un sujet, de capturer des images qui racontent une histoire tout en restant le plus neutre possible. J'essaie de comprendre tous les aspects de l'histoire. Je ne suis pas un militant, je ne cherche pas à pointer du doigt qui que ce soit, j'essaie simplement de montrer ce que je vois. »

Thomas est né et a grandi dans une région rurale d'Agen, dans le sud-ouest de la France, et s'est intéressé à la faune dès sa plus tendre enfance. « J'ai toujours été fasciné par les serpents, les oiseaux, les mammifères, tout ce que je pouvais trouver », raconte-t-il. Cependant, sa relation avec la photographie a mis du temps à se développer. « J'ai toujours su que c'était ma voie, mon avenir, mais il m'a fallu beaucoup de temps pour vraiment comprendre comment j'allais m'y prendre et en vivre. »

Après avoir étudié l'anglais à l'université en France, Thomas a enseigné pendant deux ans en Australie et en Bolivie, mais en 2015, il est retourné à l'université pour étudier le journalisme. À la fin de ses études, il a commencé à travailler pour la chaîne d'information française France 24 et s'est vu offrir l'opportunité d'être correspondant en République démocratique du Congo (RDC).

« Je couvrais l'actualité dans un pays marqué par l'instabilité politique, mais je savais que j'étais également à l'endroit idéal pour me lancer dans la photographie animalière », explique-t-il. « Un jour, j'ai lu que les gorilles des plaines de l'Est venaient d'être classés comme espèce en danger critique d'extinction et je me suis dit que c'était le moment. Je me suis donc envolé pour le parc national de Kahuzi-Biega où j'ai réalisé un reportage photo sur la protection de ces gorilles. Ce fut le début de ma carrière de photographe spécialisé dans la préservation. »

Lieu : Bordeaux, France
Domaine de spécialité : photojournalisme dédié à la préservation
Kit préféré :
Un bonobo est perché sur une branche feuillue dans une forêt congolaise, le feuillage flou encadrant le premier plan.

Très peu de photographes ont la chance d'observer des bonobos sauvages comme celui-ci ; Thomas s'est donc estimé chanceux d'avoir pu passer du temps parmi eux. Il a pris cette photo sur le site de recherche de LuiKotale en RDC, où le Max Planck Institute mène des recherches à long terme pour mieux comprendre ces grands singes remarquables et menacés d'extinction. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV (désormais remplacé par l'EOS R5 Mark II) équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM (désormais remplacé par le RF 70-200 F2.8L IS USM) à 200 mm, 1/160 s, f/2,8 et ISO 500. © Thomas Nicolon

Thomas a continué à travailler comme journaliste en RDC, mais parallèlement, il réalisait également des reportages photo sur des questions liées à la préservation, notamment les éléphants de forêt et les communautés autochtones. Après avoir constitué son portfolio photographique pendant sept ans et noué des collaborations avec des organisations telles que la Wildlife Conservation Society, il est devenu photographe spécialisé dans la préservation à plein temps. Depuis, Thomas a beaucoup voyagé, réalisant des reportages sur des sujets tels que le commerce de la viande de brousse et la crise des morsures de serpent en Afrique.

Aujourd'hui, il collabore avec des publications telles que National Geographic, Le Monde et le magazine GEO, ainsi qu'avec des organisations comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) et les Nations unies. « 95 % de mon travail porte sur la préservation de la faune, mais je réalise également des reportages sur notre rapport à la terre et sur la manière dont l'agriculture se transforme à l'ère du changement climatique », explique-t-il.

Prise au lever du soleil, cette image en basse lumière montre des éléphants de forêt se déplaçant dans la brume au milieu d'une grande clairière naturelle parsemée de mares.

Au lever du soleil, une clairière naturelle – appelée « bai » en Afrique centrale – dévoile un petit troupeau d'éléphants de forêt avançant lentement dans la brume. Les « bais », riches en minéraux, fournissent des sels et des plantes que l'on ne trouve pas dans la forêt environnante. Le Dzanga Bai, que l'on voit ici, se trouve au sein de la réserve spéciale de Dzanga-Sangha, en République centrafricaine. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 16-35mm f/2.8L III USM (désormais remplacé par le RF 15-35mm F2.8L IS USM) à 24 mm, 1/13 s, f/2,8 et ISO 6400. © Thomas Nicolon

Pour Thomas, vivre longtemps dans différents pays est à la fois un plaisir et un élément essentiel pour appréhender la complexité des enjeux qu'il couvre – les dynamiques sociales qui sous-tendent la préservation ainsi que les enjeux politiques. « La plus grande chance de ma vie est de passer du temps avec des personnes dont la vie est si différente de la mienne », dit-il. « Être en contact avec des personnes qui mènent des vies différentes permet d'être plus compréhensif et moins radical. »

« Souvent, en Occident, je pense que nous avons une vision de la préservation qui n'est pas très réaliste. Nous nous concentrons sur des espèces emblématiques comme les éléphants, les gorilles et les lions, mais sur le terrain, la situation est très difficile pour beaucoup de personnes qui doivent partager leur espace avec ces espèces. Plus on rencontre de gens, plus on comprend ce qu'ils font et pourquoi ils le font, et plus on se rend compte que les choses sont compliquées. Voyager ouvre vraiment l'esprit. »

Les sujets que vous couvrez vous donnent-ils des raisons d'être optimiste quant à l'avenir du monde naturel ?

« J'essaie toujours de couvrir des sujets qui recèlent une forme d'espoir, même si le sujet est négatif. Même lorsque je couvre des thèmes tels que le braconnage, le commerce de viande de brousse ou les groupes rebelles, j'essaie toujours de montrer au moins un aspect positif et d'y inclure une note d'espoir, car je pense que c'est plus important que jamais. »

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui débute en tant que photojournaliste spécialisé dans la préservation ?

« Essayez d'apprendre à identifier les bonnes histoires liées à la préservation, allez sur le terrain et prenez des photos, et faites-le près de chez vous, car ainsi vous n'aurez pas à dépenser beaucoup d'argent en déplacements. Proposez ensuite votre histoire à un magazine. S'ils ne l'achètent pas, ce n'est pas grave : au moins, vous avez désormais une histoire que vous pouvez mettre sur votre site Web. Et continuez ainsi. Proposez vos histoires à des médias qui ne sont peut-être pas les plus prestigieux, mais où vous aurez plus de chances d'être publié. Continuez à photographier ces histoires, continuez à les proposer, et petit à petit, cela finira par marcher. »

Quel est l'endroit le plus intéressant où vous ayez travaillé ?

« Sans aucun doute le bassin du Congo. Si quelqu'un me disait que j'allais passer le reste de ma vie à couvrir cette région, je serais l'homme le plus heureux du monde. C'est un endroit magnifique. Il abrite une forêt tropicale incroyable, peuplée d'espèces emblématiques telles que les éléphants de forêt, les bonobos, les gorilles et les chimpanzés, ainsi que des communautés locales – notamment des peuples autochtones – qui partagent ce territoire avec ces animaux. C'est une région fascinante et je l'adore. »

De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« Le Canon EOS R1 est formidable tant pour la photo que pour la vidéo. Pour moi, sa caractéristique la plus importante est sa performance en basse lumière. Je réalise 90 % de mon travail dans la forêt tropicale, et tous ceux qui y sont déjà allés savent qu'il y fait toujours sombre. J'ai besoin d'un appareil photo capable de me fournir des fichiers très nets et détaillés, même à une sensibilité ISO élevée, et l'EOS R1 est tout simplement le meilleur. J'ai également besoin d'une résistance aux intempéries optimale, car je travaille toujours dans des conditions humides. Et enfin, je trouve que la qualité des images RAW que j'obtiens directement de l'appareil photo est absolument magnifique. »

Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« Le Canon Speedlite 600EX-RT fait vraiment la différence dans mon travail. Je l'utilise pour les portraits. Si je prends des photos en pleine lumière du jour, il me permet d'éclaircir les ombres et d'obtenir une image plus nette, mais aussi d'exposer correctement à la fois l'arrière-plan et mon sujet principal. J'adore également me promener dans la forêt tropicale la nuit à la recherche d'amphibiens et de reptiles. C'est avec mon objectif macro 100 mm et le Speedlite 600EX-RT équipé d'une boîte à lumière que je photographie le mieux ces animaux. »

Ce que je sais

Thomas Nicolon

« Pour être photographe spécialisé dans la préservation de la faune, la passion et la curiosité pour notre monde naturel sont essentielles. Il ne s'agit pas seulement de prendre de jolies photos ; il faut être passionné par ce que l'on photographie et trouver du bonheur dans ce que l'on fait. Le reste suivra. Il faut également avoir le sens du contact, aimer les relations humaines et faire preuve d'ouverture d'esprit. Enfin, il faut être persévérant. Beaucoup de photographes abandonnent cette carrière car elle comporte de nombreux moments difficiles et de nombreux refus. Il faut continuer à essayer et ne jamais baisser les bras. »

Site Web : thomasnicolon.com

Instagram : @thomas.nicolon

YouTube : @thomas.nicolon

Articles liés

Brent Stirton : promouvoir la protection des espèces menacées par le biais de la photographie

Le photojournaliste, maintes fois récompensé, révèle ce qui sous-tend ses reportages sur la faune, parle de l'équipement qu'il utilise et explique la raison pour laquelle il est important de raconter toute l'histoire.

Les meilleurs appareils photo et objectifs pour la photographie animalière

Le photographe animalier professionnel Maxime Aliaga dévoile son kit de prédilection pour produire des images époustouflantes du monde naturel.

Freelance ou salarié ? Comment gagner sa vie en tant que photojournaliste

Le photojournaliste de renom Brent Stirton donne ses conseils pour faire carrière dans le monde compétitif du photojournalisme.

L'étudiant en photographie relatant les récits inaperçus du Congo

Le pays natal de Guerchom Ndebo a été sous-représenté dans les médias. À seulement 22 ans, il est en train de remédier à cette situation en travaillant pour des agences comme Getty Images et l'AFP.

Programme européen Canon Ambassador

Découvrez le fonctionnement du programme Ambassador et rencontrez les photographes remarquables choisis pour représenter Canon.

Canon Professional Services

Les membres bénéficient de l'assistance prioritaire CPS, localement et lors d'événements majeurs, d'un service de réparation prioritaire et, selon leur niveau d'adhésion, du prêt gratuit de matériel de remplacement, de la gratuité des frais de retour et de remises pour les services de maintenance. Ils peuvent également profiter d'offres exclusives réservées aux membres.