Marta Syrko

Portrait sous-marin d'une femme, dont seule la tête émerge de l'eau, son reflet légèrement déformé se reflétant dans l'eau.

Image issue de la série Underwater de l'Ambassadrice Canon Marta Syrko. Selon elle, son utilisation de l'eau n'est pas seulement un procédé visuel, mais aussi une métaphore qui invite le public à s'interroger sur la part de ce que nous voyons qui est façonnée par la perception, et sur ce qui demeure caché sous la surface. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 16mm F2.8 STM à 1/125 s, f/5 et ISO 500. © Marta Syrko

Lorsque Marta Syrko avait 15 ans, posséder un appareil photo Canon était un objectif pour lequel elle a dû travailler dur. Son grand-père, qui était aveugle, lui a donné de l'argent pour l'aider à acheter son premier appareil photo, tandis que Marta travaillait pour financer le reste, puis les objectifs dont elle avait besoin pour compléter son équipement. Près de 16 ans plus tard, devenir ambassadrice Canon ressemble à un hommage à l'adolescente qu'elle était.

« Je me souviens que je n'avais pas l'argent nécessaire pour acheter l'appareil photo Canon que je voulais (un EOS 5D Mark III), et je travaillais vraiment très dur pour pouvoir me l'offrir », explique-t-elle. « C'est comme un geste adressé à la jeune fille que j'étais alors. »

Née et élevée à Lviv, en Ukraine, où elle vit de nouveau après plusieurs années passées à travailler à Kyiv, Marta a appris la photographie en autodidacte tout en étudiant l'histoire et la théorie de l'art à la Lviv National Academy of Arts. Aujourd'hui, elle considère que cette formation est fondamentale dans sa manière d'aborder ses images. « Vous pouvez comprendre le fonctionnement du matériel, mais vous devez aussi comprendre le contexte », explique-t-elle. « C'est ce qui m'aide à comprendre ce que je fais et à porter un regard plus réfléchi sur mon travail. »

Cette relation entre l'histoire de l'art et l'expérience contemporaine est devenue centrale dans l'esthétique singulière de Marta. Ses photographies font souvent référence à la peinture et à la sculpture, tandis que les miroirs, l'eau et une lumière minutieusement façonnée apportent une profondeur et des strates qu'elle qualifie de cinématographiques. Plutôt que de recréer le passé, elle considère ces références comme un vocabulaire lui permettant d'interpréter le présent.

Lieu : Lviv, Ukraine
Domaines de spécialité : beaux-arts, portraits
Kit préféré :
Portrait sous-marin d'une femme, les bras jetés en arrière derrière la tête, dont le reflet déformé est visible dans l'eau au-dessus d'elle.

Marta utilise le Canon EOS R5 aussi bien pour la photographie que pour la vidéo, passant fréquemment en mode vidéo pendant ses prises de vue photo afin de capturer au ralenti les mouvements, les expressions, l'eau et la lumière. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 16mm F2.8 STM à 1/20 s, f/7,1 et ISO 500. © Marta Syrko

Cette idée trouve son expression la plus forte dans son projet Sculpture Soldiers, qu'elle poursuit actuellement. Marta photographiait différents corps bien avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, mais une visite au Louvre, où elle a vu des sculptures gréco-romaines amputées de certains membres, l'a amenée à réfléchir différemment à la manière dont la société perçoit les corps marqués par la guerre. Elle a commencé à photographier des vétérans, en s'appuyant sur le vocabulaire artistique de la sculpture classique pour remettre en question les conceptions conventionnelles de la beauté. « La principale question posée au public est : qu'est-ce que la beauté ? », explique-t-elle. « Pourquoi une personne ayant perdu un membre n'est-elle pas considérée comme belle, alors qu'une personne ayant subi une opération pour correspondre à une idée conventionnelle de la beauté est considérée comme belle ? »

Marta veille à ne pas romantiser les traumatismes. « Je n'essaie pas de dire que tout est beau », explique-t-elle. « J'essaie d'expliquer que nous sommes tous différents et que quelque chose peut arriver à chacun d'entre nous. Pour moi, il s'agit d'acceptation. »

Elle a désormais réalisé environ 27 portraits et affirme que les réactions ont renforcé l'importance que peut avoir cette acceptation. « Nous voulons tous faire partie de la société. On a vraiment envie d'être accepté, surtout lorsqu'on est un peu différent. »

Portrait dans un style pictural d'un homme assis, torse nu, la tête renversée en arrière.

Pour le Dutch National Opera & Ballet, Marta a créé 21 visuels de campagne au cours d'une seule saison. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV (désormais remplacé par le Canon EOS R5 Mark II) équipé d'un objectif Canon EF 50mm f/1.2L USM (désormais remplacé par le Canon RF 50mm F1.2L USM) à 1/6400 s, f/1,4 et ISO 640. © Marta Syrko

Portrait dans un style pictural d'un homme nu accroupi, un genou relevé, semblant être emprisonné dans un bloc de glace.

En déformant et transformant ses sujets à l'aide de l'eau, du verre, de la glace et de la lumière naturelle, sans recourir à des manipulations numériques, Marta encourage le public à regarder au-delà des apparences superficielles. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 50mm F1.2L USM à 1/160 s, f/10 et ISO 640. © Marta Syrko

L'identité artistique de Marta se reflète également dans ses projets commerciaux. Pour Dutch National Opera & Ballet, elle a créé 21 visuels de campagne, apportant sa propre approche du corps, de la couleur et des références à l'histoire de l'art à une grande diversité de productions. Après des années à adapter son style aux clients, elle estime être parvenue à un stade où de grandes organisations font appel à elle précisément parce qu'elles recherchent sa signature visuelle.

Le Canon EOS R5 est désormais au cœur de son travail. Marta navigue également de plus en plus entre photographie et vidéo, en exploitant la capacité de l'appareil à passer rapidement d'un mode à l'autre pour capturer au ralenti les mouvements, l'eau, la lumière et les expressions lors de ses prises de vue.

Sa pratique continue de s'étendre au-delà des photographies individuelles et elle travaille actuellement à un projet de livre international. Mais qu'elle réalise des projets commerciaux ou qu'elle explore l'évolution des notions de beauté en Ukraine, le même principe reste au cœur de son travail : l'histoire de l'art fournit le point de référence, tandis que l'expérience vécue lui donne un nouveau sens.

Comment vos connaissances en histoire de l'art influencent-elles les photographies que vous réalisez ?

« Tout a déjà été créé d'une manière ou d'une autre. En tant qu'artistes, nous utilisons donc des références pour nous souvenir de quelque chose qui existait déjà, mais nous devons en proposer notre propre interprétation. Pour moi, l'essentiel est de restituer le contexte de l'époque dans laquelle nous vivons. J'utilise des références à l'histoire de l'art dans mon travail, mais elles sont toujours liées à quelque chose que je vis aujourd'hui. Je dois faire passer cette expérience à travers mon propre regard, puis partager mon interprétation avec le public. »


Qu'est-ce qui rend une photographie belle à vos yeux ?

« Pour moi, tout doit fonctionner ensemble. Il y a le récit et l'histoire, mais aussi la composition, l'éclairage et, lorsqu'elle est en couleur, l'harmonie des couleurs. Une photographie peut être très simple, même se limiter à une personne devant un fond blanc, mais il est toujours possible de percevoir si le photographe possède un véritable point de vue artistique. Je ne pense pas qu'un seul ingrédient suffise à créer une belle image. C'est la manière dont tous ces éléments fonctionnent ensemble. »


Comment savez-vous qu'une idée nécessite une vidéo plutôt qu'une photographie ?

« J'utilise la vidéo lorsque je dois attirer l'attention sur quelque chose qui se développe lentement, comme un sentiment, une expression sur un visage, le mouvement de l'eau ou la façon dont la lumière évolue. J'apprécie le fait qu'avec le Canon EOS R5, je puisse prendre des photos puis passer très rapidement à la vidéo. Je réalise souvent des séquences au ralenti pendant mes prises de vue, car un mouvement ou une infime variation d'expression a parfois besoin de temps pour être perçu. Une photographie peut saisir un instant, mais la vidéo me permet de montrer comment cet instant évolue. »


De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« Le 35 mm est ma distance focale préférée, car il m'offre suffisamment d'angle pour créer des superpositions de lumière, de reflets et d'éléments d'environnement autour de mes sujets, tout en conservant l'intimité propre au portrait. »


Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« Un petit miroir. J'utilise beaucoup les miroirs dans mon travail, car j'aime créer de la profondeur et différentes strates dans l'image. J'emporte également quelques filtres pour travailler avec la lumière du soleil. Ce sont des choses simples, mais elles m'offrent davantage de possibilités pour modifier la façon dont la lumière se comporte devant l'appareil photo. »

Ce que je sais

Marta Syrko

« La photographie est un travail exigeant. Lorsque les gens disent qu'un photographe se contente d'appuyer sur un bouton, ce n'est pas vrai ; ils n'ont probablement jamais essayé eux-mêmes. Il faut comprendre l'aspect technique, mais aussi la lumière, la composition, le contexte et ce que l'on cherche à exprimer. La prise de vue ne représente qu'une petite partie du travail. »

Site Web : martasyrko.com

Instagram : @martasyrko

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