Quelle est votre expérience la plus mémorable avec les animaux sauvages ?
« En 2000, une baleine est morte dans la baie False, en Afrique du Sud. 28 grands requins blancs se sont nourris d'elle pendant plus de 18 heures et en ont dévoré les deux tiers. Avant cet épisode, personne n'avait vu tant de grands requins blancs adultes regroupés au même endroit. Depuis non plus. C'était tout simplement incroyable de se tenir si près de ces animaux fascinants. Pouvoir observer en détail les structures sociales et les comportements de cette espèce a été une expérience spectaculaire. »
Jusqu'à présent, quel a été le moment de votre carrière dont vous êtes le plus fier ?
« Je n'ai jamais mis un animal en danger. La plupart du temps, je travaille seul ou avec ma femme. Je pourrais donc faire ce que je veux et personne ne le saurait. Le fait que je puisse me regarder dans le miroir et savoir que j'ai toujours fait de mon mieux pour les animaux tout en essayant de capturer de belles images est mon plus grand accomplissement jusqu'à présent. J'espère que ce sera toujours le cas. »
Quel est le shooting le plus difficile que vous ayez vécu ?
« En ce qui concerne les interactions avec les animaux sauvages, le plus difficile a probablement été de photographier tout en marchant sur le fond océanique en Nouvelle-Zélande, dans l'obscurité, à 20 mètres de profondeur et à bout de souffle. Plusieurs grands requins blancs m'entouraient, et je ne pouvais pas les distinguer. Ils nageaient parfois dans le faisceau de lumière de ma lampe. Cette expérience d'environ une heure a été très intense ! »
Selon vous, quels sont les plus grands défis à surmonter lorsque l'on photographie la faune ?
« Je ne travaille pas avec les animaux en captivité. Les animaux que je photographie sont sauvages et libres d'aller et venir comme il leur plaît. Les animaux sauvages sont en voie de disparition. Il est de plus en plus difficile de trouver les sujets que j'ai l'habitude de photographier. Beaucoup de régions qui étaient sauvages auparavant ne le sont plus aujourd'hui. C'est donc une course contre la montre. »
Est-ce important de comprendre le comportement des animaux pour être photographe animalier ?
C'est le plus important. Je n'ai probablement pas les mêmes bases techniques que certains de mes pairs. Ma plus grande force réside dans la connaissance de mes sujets. J'ai passé beaucoup de temps à observer des prédateurs et j'ai une connaissance approfondie de ce que mes sujets peuvent faire. Je peux donc me préparer à ce qui peut arriver. On dit que la chance survient lorsque l'anticipation coïncide avec la préparation. Je pense que c'est vrai. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« J'accorde une grande importance à la capacité de composer rapidement une image et le Canon EOS R5 m'offre à la fois créativité et contrôle. Mon objectif préféré de tous les temps est sans aucun doute le Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM : je réalise probablement 75 % de mes images avec lui. En mer, il est léger, rapide et facile à manier, ce qui me permet de faire rapidement la mise au point sur le comportement fulgurant des animaux sauvages, souvent dans des conditions difficiles. C'est un objectif que je peux emporter partout, du plus petit compartiment à bagages d'un avion à la montagne la plus escarpée ou à l'océan le plus agité. Bon nombre de mes photographies les plus vendues ou les plus connues ont été prises avec cet objectif. Sans lui, mon portfolio ne serait qu'une pâle copie de ce qu'il est aujourd'hui. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« Vous ne le trouverez pas dans mon sac photo, mais une boîte résistante aux éléphants me permet de ranger mon appareil en toute sécurité lorsque je photographie des éléphants à ras de terre et de très près ; et des hublots spécialement découpés sur mon bateau me permettent de prendre des photos depuis le bas. Ces deux éléments m'ont permis de réaliser des images uniques sous des angles créatifs. »